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Questions fréquemment posées sur l'apiculture

(Foire Aux Questions)

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En tant que modérateur et membre de divers forums d’apiculture, j’ai souvent eu affaire à ces questions, alors j’ai pensé à en aborder quelques-unes dans ce livre.

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Combien d'oeufs une reine peut-elle pondre par jour?

Dzierzon, en qui j'ai la plus grande confiance, dit:

« Comme la reine est capable d'adapter le sexe des oeufs aux cellules, elle est également capable d'adapter le nombre d'oeufs aux besoins du stock et aux circonstances en général. Quand une colonie est faible et le temps froid et défavorable, elle ne pond que quelques centaines d'œufs par jour, mais dans les colonies populeuses et lorsque les pâturages sont abondants, elle en dépose des milliers. Dans des circonstances favorables, une reine fertile pond jusqu'à 3000 œufs par jour, dont chacun peut se convaincre mettre simplement un essaim dans une ruche avec des peignes vides, ou insérer des peignes vides dans le nid à couvain d'un bouillon et compter les oeufs dans les cellules quelques jours après. » - Jan Dzierzon, Rational Bee-Keeping, 1882 édition anglaise, Pg 18
Les reines peuvent-elles piquer ?

Depuis 1974, j’ai manipulé dans tous les sens et de tous les côtés des reines. Depuis que j’en ai commencé l’élevage en 2004, j’en ai manipulé des centaines par an. Je n’ai jamais été piqué par une reine, bien que je les aie plusieurs fois vues agir comme si elles étaient sur le point de le faire.

Jay Smith, un apiculteur qui a élevé des milliers de reines par année pendant des décennies, a déclaré qu’il n’a été piqué qu’une seule fois par une reine et cette reine l’a piqué à l’endroit exact où il avait écrasé une autre reine un moment plus tôt. Il a pensé que cette reine qui l’a piqué, l’avait pris pour une autre reine.

Les reines peuvent-elles piquer ? Oui. Le font-elles ? C’est extrêmement incertain. Le peu de personnes que j’ai rencontrées qui affirment avoir été piquées par une reine, disent que la piqûre n’est pas aussi douloureuse que celle d’une ouvrière.

Des abeilles mortes devant la ruche ?

En sachant que la reine pond entre 1000 à 3000 œufs par jour et que les abeilles vivent environ six se-maines, il y a toujours quelques cadavres d’abeilles devant une ruche. Souvent, vous ne remarquez pas leur présence car ils sont cachés par les mauvaises herbes ou la pelouse. Toutefois, vous pouvez commencer à vous inquiéter si vous trouvez un très grand nombre d’abeilles mortes (des amon-cellements d’abeilles mortes). Cela peut être le signe d’un empoisonnement au pesticide ou d’un quelconque autre problème. Mais quelquefois, cela peut également être normal.

Espacement des cadres dans les hausses et les nids à couvain ?

Il semble que cette question soit récurrente. Elle est généralement formulée comme suit : « dois-je mettre 9 ou 10 cadres dans mes hausses » ou encore « dois-je mettre 9 ou 10 cadres dans mes boîtes à couvain ? »

Ma réponse en ce qui concerne les boîtes à couvain est la suivante : placer au moins 11 cadres dans une boîte prévue pour en contenir 10. Moi, je rabote les bords pour que tous les cadres puissent tenir dans la boîte et je pro-cède de cette manière car c’est l’espacement que les abeilles choisiraient si vous leur en laissez l’occasion. Mais 10 cadres dans une boîte de dix cadres feraient tout aussi bien l’affaire. Il faut bien les serrer au centre de la boîte et non les échelonner régulièrement. L’espacement est déjà plus grand que ce que les abeilles préfèrent et les espacer encore plus n’aboutit qu’au bâtissage de rayons irréguliers ou même de rayons de travers dans les cadres. Il y a cette théorie selon laquelle il faut placer 9 cadres dans une boîte à couvain pour que les abeilles aient plus d’espace où se regrouper, pour qu’il y ait moins d’essaimage et moins de roulement d’abeilles. Par expérience, je peux dire qu’en réalité il faut plus d’abeilles pour garder le couvain au chaud, la surface des rayons est plus irrégulière et cela cause plus de roulements d’abeilles lorsque les cadres sont enlevés. Cette irrégularité est due au fait que l’épaisseur des rayons pour le stockage du miel peut varier tandis que les rayons à couvain sont toujours de la même épaisseur. Il résulte de tout cela un espace libre à remplir lorsqu’il y a du miel et lorsque vous avez neuf cadres, les abeilles remplis-sent cet espace supplémentaire avec le miel. Si les rayons contiennent du couvain, alors elles ne sont pas aussi épaisses que lorsqu’ils contiennent du miel. J’ai essayé de placer neuf cadres dans le nid à couvain et je n’ai pas été impressionné par le résultat. Maintenant j’ai des boîtes de huit cadres dans lesquelles je mets 9 cadres (ce qui néces-site que je rabote les extrémités des barrettes). En Plaçant 11 cadres dans une boîte de 10 cadres, vous obtenez un rayon très plat et très régulier, de même que vous obtenez des cellules de très petites tailles plus facilement.

Ma réponse en ce qui concerne les hausses est qu’une fois qu’elles sont étirées, vous pouvez mettre 9 ou même 8 cadres dans des hausses de 10 cadres et obtenir un résultat satisfaisant étant donné que les rayons seront simplement plus épais. Mais lorsqu’il s’agit simplement de cire gaufrée, les abeilles vont galvauder le rayon si l’espacement est plus grand que l’espacement de 10 cadres. Lorsqu’il s’agit de 10 cadres pourvus de cire gau-frée simple, ils doivent toujours être serrés étroitement au centre soit de la hausse, soit du nid à couvain dans le but d’empêcher les abeilles de bâtir des rayons entre les feuilles de cire gaufrée au lieu de les bâtir sur les feuilles de cire gaufrée. Avec des boîtes prévues pour contenir huit cadres, vous pouvez placer jusqu’à sept cadres étirés ou même six.

Une question connexe est celle des rayons ratés.

Pourquoi les abeilles bâtissent-elles des rayons ratés ?

Une raison est la génétique. Certaines abeilles bâti-ront des rayons droits et parallèles quoique vous fassiez, de même que d’autres bâtiront des rayons de travers quoique vous fassiez, mais il y a certaines choses que vous pouvez faire pour mettre les chances de votre côté.

Une autre raison est qu’il est parfois laissé aux abeilles la liberté de bâtir des rayons de travers. Serrez étroitement les cadres. Ces écarteurs présents sur les cadres ont leur utilité, utilisez-les. N’espacez pas les cadres de manière régulière dans la boîte. Lorsque vous avez de la cire gaufrée non étirée, ne prévoyez pas un espace trop grand entre les cadres dans une boîte. Les abeilles, si elles n’aiment pas votre cire gaufrée (et elles n’aiment jamais vraiment la cire gaufrée) et si vous leur laissez de l’espace (en espaçant les rayons de plus de 3,5 cm), elles essaieront de bâtir un rayon entre deux cadres plutôt que d’étirer la cire gaufrée. Le fait de serrer étroitement rend donc l’espace entre les feuilles de cire gaufrée si petit que cela n’encourage pas les abeilles à bâtir quoi que ce soit, puisqu’il n’y a pas assez de place pour un rayon de couvain.

Une autre raison encore est que les abeilles n’apprécient pas que vous décidiez de la taille de leurs cellules. Elles bâtiront leurs propres rayons avec plus d’enthousiasme qu’elles n’étireront de la cire gaufrée. Alors essayez d’éviter de leur proposer de la cire gaufrée. Une solution est d’arrêter d’utiliser de la cire gaufrée et d’opter plutôt pour des cadres vides. Une autre solution est de leur fournir de la cire gaufrée qui se rapproche le plus de ce qu’elles souhaitent bâtir. La cire gaufrée standard de 5,4 mm est beaucoup plus grande que le typique rayon naturel à couvain d’ouvrières. La cire gaufrée de 4,9 mm se rap-proche plus de ce que veulent les abeilles.

Généralement, elles n’aiment pas beaucoup le plas-tique. La solution pour les pousser à en étirer est de leur en procurer lorsqu’elles ont besoin de bâtir. Ne leur donnez pas un mélange de cire gaufrée naturelle et de cire gaufrée en plastique ou alors elles ignoreront le plastique pour ne bâtir que la cire naturelle. Achetez de la cire gaufrée en plas-tique enduite de cire naturelle pour qu’elles puissent mieux l’accepter. Pulvérisez-y un peu de sirop ou encore un peu de sirop additionné d’huiles essentielles comme le Honey Bee Healthy, pour masquer l’odeur de plastique. Une fois qu’elles ont léché le plastique pour le nettoyer, elles ont tendance à mieux l’accepter.

Quelquefois également, elles continueront à bâtir des rayons de travers malgré tout.

Rayon irrégulier ?

Les barrettes supérieures fines sont la principale cause d’irrégularités entre les boîtes. Les cadres en plas-tique ont en toutes. Je l’accepte simplement.

« …cet apiculteur canadien très conscien-cieux, J.B. Hall m’a montré ses barrettes supérieures épaisses, et m’a dit qu’elles prévenaient le bâtissage de tant de rayons irréguliers entre les barrettes supérieures et les sections… Et je suis content qu’à ce jour, ce problème puisse être évité en ayant des barrettes supérieures larges de 28,5 mm, épaisses de 22 mm avec un espace-ment de 6 mm entre la barrette supérieure et la section. Non qu’il y ait une absence to-tale de rayons irréguliers, mais le résultat est assez proche de sorte qu’on puisse tout manipuler plus confortablement qu’avec le plateau à lamelles. Dans tous les cas, il n’y a plus le massacre d’abeilles qu’il y avait tous les jours, le plateau grossier à la-melles a été remplacé. » — C.C. Miller, Fifty Years Among the Bees.
« Q. Pensez-vous qu’une barrette supérieure épaisse de 12,7 mm d’un cadre à couvain au-ra tendance à empêcher les abeilles de bâtir des rayons irréguliers aussi bien que des barrettes supérieures épaisses de 19 mm ? Quel type de barrettes supérieures utilisez-vous ?
R. Je ne crois pas que la barrette épaisse de 12,7mm empêchera la construction de rayons irréguliers aussi bien que celle épaisse de 19 mm. Les miennes sont épaisses de 22 mm » — C.C. Miller, A Thousand Answers to Beekeeping Questions
Combien de cellules y a-t-il sur un cadre ?

Cadre profond de 5,4mm cire gaufrée : 7000
Cadre profond de 4,9mm cire gaufrée : 8400
Cadre moyen de 5,4mm cire gaufrée : 4620
Cadre moyen de 4,9mm cire gaufrée : 5544

Comment nettoyer un matériel déjà utilisé ?

Le matériel d’occasion a été un sujet de controverse pendant plus d’un siècle. La loque américaine (American foulbrood – AFB) est toujours et encore un problème, et par le passé a été un problème encore plus grand. Le seul réel souci en ce qui concerne le matériel d’occasion est la loque américaine. Les spores de loque américaine vivent prati-quement indéfiniment (plus longtemps que nous de toute manière) et un équipement contaminé est probablement un des facteurs de propagation de la maladie. De nombreux apiculteurs brûlent purement et simplement leurs instru-ments infectés. Certains passent à la flamme l’équipement ; d’autres le font bouillir avec de la lessive ; d’autres encore le font « frire » dans de la paraffine et de la colophane.

Généralement, le problème est que vous avez à votre disposition du matériel d’occasion (à moindre coût ou même gratuitement). Le nettoyer des souris n’est pas très compliqué, il suffit de le laisser à l’extérieur sous la pluie jusqu’à ce qu’il sente bon. Pour le nettoyer des fausses teignes, il suffit simplement de couper leurs toiles (qu’il est difficile pour les abeilles d’enlever) et de gratter leurs cocons. Dans le cas où les rayons sont secs et cassants, laissez les abeilles les réparer, elles les remettront d’aplomb. Dans le cas où ils sont poussiéreux, les abeilles les nettoie-ront. Le seul risque est la loque américaine. Si vous avez des vieux rayons à couvain, vérifiez dans le fond des cellules la présence d’écailles qui pourrait indiquer une contamination par la loque américaine. Dans le cas de présence d’écailles, vous devrez plutôt prendre au sérieux l’éventualité de la menace de la loque américaine. Certains apiculteurs, à ce stade, brûlent le matériel. Mais, supposons que vous n’avez trouvé aucune écaille, alors que faire dans ce cas ? Je ne peux vous dire ce qu’il faut faire puisque l’absence d’écaille ne signifie pas que le risque soit inexis-tant, et je ne souhaite pas que vous me blâmiez si vous vous retrouvez avec la loque américaine. Cependant, je vais vous dire ce que moi je fais. J’ai toujours eu mon matériel d’occasion de sources que j’ai pensé être hon-nêtes, généralement à très bas prix ou gratuitement et je l’ai tout simplement utilisé sans faire quoi que ce soit. Je n’ai jamais eu la loque américaine dans mes ruches.

Maintenant que je fais tremper mon matériel, je le fais pour n’importe quel équipement d’occasion, puisque j’en ai maintenant la possibilité.

Comment préparer la ruche pour l’hiver ?

Vous trouverez plus de détails sur ce sujet dans le chapitre L’hivernage des abeilles du volume II de ce livre.

La difficulté en ce qui concerne la réponse à cette question est qu’elle varie en fonction des régions. Il y a une grande différence entre les problèmes que peut con-naître un apiculteur de Géorgie du Sud ou du Sud de la Californie et les problèmes connus par un apiculteur du nord du Minnesota ou d’Anchorage en Alaska.

Je ne peux donc donner qu’une idée générale et me référer à ma propre expérience au centre du pays. Je vis dans le sud-est du Nebraska. Avant je vivais dans l’ouest du Nebraska et sur le Front Range des Montagnes Ro-cheuses. Mes conseils sont donc plus avisés pour ces types de climats.

Réduisez l’espacement. Il n’y a pas de raison d’avoir un supplément d’espace vide dans une ruche durant l’hiver dans le Nord. Pour l’hiver, je conseillerais de retirer toute boîte contenant des rayons vides ou de la cire gaufrée non étiré.

Barrez le passage aux souris. Les souris peuvent dé-vaster une ruche. Assurez-vous, si vous avez des entrées inférieures, qu’elles soient équipées de protections contre les souris. Un grillage métallique à mailles de dimensions 6 x 6 mm à l’entrée remplit bien cet office.

Retirez les grilles à reine. Si vous en utilisez, vous devez les ôter avant l’arrivée de l’hiver. Une reine peut se retrouver bloquée de l’autre côté de la grille et mourir par temps froids.

Assurez-vous d’avoir une entrée supérieure. J’aime qu’il n’y ait que des entrés supérieures et pas d’entrée inférieure. Mais même sans tenir compte de mes considéra-tions, vous avez quand même besoin d’une petite entrée supérieure pour l’évacuation de l’air humide de manière à ne pas avoir de condensation sur le toit de la ruche et pour que les abeilles puissent sortir même s’il y a trop de neige devant la ruche ou trop d’abeilles mortes sur le plancher. Généralement, les gens veulent savoir si toute la chaleur de la ruche ne s’échappera pas par ces entrées. La chaleur est rarement le problème, la condensation qui suinte sur les abeilles et qui les tuent en hiver, par contre l’est.

Assurez-vous que les abeilles aient assez de ré-serves. Dans ma région, si vous avez des abeilles ita-liennes, pour être une bonne garantie pour l’hiver, la ruche devrait peser environ 68 kg. Elles pourront probablement se débrouiller avec 45 kg, mais il pourrait aussi arriver qu’elles flambent toutes les réserves pour l’élevage du couvain de printemps et se retrouvent à court. Personnellement, toute quantité de réserves inférieure à 45 kg me causerait beau-coup d’inquiétude. La période pour le nourrissement, c’est lorsque le temps est encore chaud étant donné que les abeilles ne consommeront pas du sirop devenu froid. Une fois le poids cible de la ruche atteint, il n’y a plus besoin de nourrir. Généralement, une ruche pesant environ 68 kg est constituée de deux boites profondes de 10 cadres, de trois boîtes moyennes de 10 cadres ou encore quatre boîtes moyennes de huit cadres, la plupart du temps remplies de miel.

Je n’ai enveloppé mes ruches qu’une seule fois et je n’ai pas été positivement impressionné, mais si c’est la norme dans votre région, vous voudriez peut-être considé-rer la possibilité de le faire. Le wrap habituel est du feutre de toiture bitumeux #15, cela contribue également à un gain de chaleur lors des journées ensoleillées. Moi j’ai trouvé que cela renfermait trop d’humidité dans la ruche. D’autres wraps sont du carton imprégné de cire ou encore d’un genre qui laisse de l’air entre le wrap et la ruche. Cela semble être un choix judicieux pour parer au problème d’humidité. Si j’avais essayé une nouvelle fois, j’aurais utilisé soit du carton avec de l’air entre le carton et la ruche, soit j’aurais d’abord cloué quelques morceaux de bois de charpente pour aménager l’espace d’air entre la ruche et le feutre de toiture bitumeux que je placerais ensuite.

Eviter de céder à la tentation de penser que chauffer une ruche normale forte est d’une quelconque utilité. Ça ne l’est vraiment pas, tout comme une forte isolation n’est pas non plus très utile. Avec une isolation, les abeilles ne pour-ront pas se réchauffer par une journée ensoleillée et faire un vol de propreté. Ne les placez pas en intérieur, elles ont besoin de voler. N’empilez pas des bottes de paille autour des ruches, cela ne servira qu’à attirer les souris. Un coupe-vent est pratique si vous avez la possibilité de vous en procurer un. Si vous utilisez des bottes de paille en guise de coupe-vent, bâtissez donc le mur de paille loin des ruches.

à quelle heure puis-je faire une division?

Une question que les apiculteurs débutants se po-sent souvent est la suivante : « combien de divisions puis-je faire ? ». Exception faite de la question « quelle quantité de miel produira ma ruche ? », la question sur le nombre de divisions est probablement celle dont la réponse varie le plus. En apiculture, la variation de la différence entre une bonne année et une mauvaise est de loin décuplée. J’ai eu certaines années pendant lesquelles chacune de mes ruches a produit jusqu’à 91 kg de miel et d’autres années pendant lesquelles elles n’ont rien produit et j’ai dû nourrir chaque ruche avec environ 27 kg de sucre (entre le prin-temps et l’automne). Pour les divisions, c’est pareil. Cer-taines ruches ne peuvent pas du tout être divisées tandis que d’autres peuvent l’être cinq fois en une année. La plupart des ruches ne peuvent supporter qu’une seule division et continuer à faire une récolte décente de miel et de bonnes réserves pour l’hiver.

Ce qu’il faut retenir de tout ceci, c’est qu’en apicul-ture, les résultats varient considérablement en fonction d’éléments comme la période de l’année, la manière dont vous entretenez vos abeilles etc. Il est très difficile de prédire ce qui pourrait arriver, alors il est vain d’avoir des attentes trop élevées ou pas assez élevées. Prenez les choses comme elles viennent et agissez en conséquence. Soyez préparé à la fois pour le succès exceptionnel et l’échec et faites des ajustements au fur et à mesure que vous avancerez.

Quelle distance peuvent parcourir les butineuses ?

Selon Frère Adam, il avait des abeilles qui à sa con-naissance parcouraient jusqu’à 8 km (cinq milles) ou plus pour récolter du nectar de bruyère. Pour Huber, il a marqué des ouvrières, les a emmenées sur des distances diffé-rentes, les a relâchées puis est revenu à la ruche pour observer leurs divers retours. Il a déclaré que les abeilles retrouvaient toujours le chemin de retour lorsqu’il les plaçait à environ 2 km (1,5 milles) de la ruche, mais passée cette distance, elles ne parvenaient pas à revenir à la ruche. Il a également dit, et cela a du sens, que leur retour d’une distance donnée dépendait de la miellée disponible. Cela semblait également varier en fonction de la taille de l’abeille. Frère Adam, lui, déclare que ses Apis mellifera mellifera locales qui étaient de petite taille, parcourait une distance de 8 km pour récolter le nectar de bruyère, mais les Italiennes par lesquelles il les a remplacées et qui étaient plus grandes, ne pouvaient pas parcourir cette même distance. Dee Lusby, en ce qui concerne ses abeilles issues de petites cellules, déclare qu’après la régression, elles revenaient à la ruche avec différents pollens totale-ment différents de ce qu’elles récoltaient auparavant ; et, en se basant sur les floraisons et la répartition de la flore en fonction de la pollinisation, elle est certaine que les abeilles issues de petites cellules parcourent une plus grande distance pour butiner que les abeilles issues de grandes cellules. Cela cadre avec les observations de Frère Adam.

Quelle distance peuvent parcourir les faux-bourdons pour s’accoupler ?

Je ne pense pas que quiconque le sache vraiment. Les faux-bourdons volent vers le lieu de rassemblement de mâles (LRM) et il y a certains indices topographiques qu’ils recherchent. Ils recherchent également des traînées de phéromones pour pouvoir retrouver le LRM. Généralement, ces lieux sont situés à la jonction de deux rangées d’arbres. Des recherches semblent montrer que les faux-bourdons volent vers le LRM le plus proche. Sa localisation dépendant du terrain et de la quantité de ruches aux alentours, la distance à parcourir est difficile à prédire. La plupart des scientifiques disent cependant qu’ils parcourent en moyenne une distance plus courte que celle parcourue par les reines.

Quelle distance les reines parcourent-elles pour s’accoupler ?

Comme pour beaucoup de questions concernant les abeilles, il faut dire pour commencer qu’il s’agit d’un aspect très variable ; la réponse n’est pas évidente. Selon Jay Smith qui a essayé d’utiliser une île en guise de terrain de fécondation, les reines peuvent parcourir en volant jusqu’à 1,6 km environ. Certaines estimations dont j’ai eu connais-sance font état de 6 à 8 km environ. Mais j’ai également entendu d’autres apiculteurs affirmer avoir vu des accou-plements (comme prouvées par les « comètes » de mâles et la reine retournant à la ruchette de fécondation) qui ont eu lieu dans le rucher même.

Combien de ruches est-il possible d’avoir sur un terrain mesurant environ 0,4 hectare (1 acre) ?

Le problème avec cette question est la supposition selon laquelle les abeilles se contenteront de rester dans la surface pré mentionnée. Elles butineront sur environ 3237 hectares (8000 acres) aux alentours.

Quel nombre de ruches est-il possible d’avoir en un seul endroit ?

Une autre question couramment posée est « combien de ruches est-il possible de placer dans un seul et même endroit ? » Avec une magnifique source de miellée (comme pour un emplacement situé au milieu de 3237 hectares environ de mélilots), et un bon climat, il peut être quasi-ment impossible de placer un trop grand nombre de ruches dans un seul endroit. Avec une source de miellée pauvre et une sécheresse, il se peut que même un petit nombre de ruches soit déjà trop. Un nombre généralement donné est 20. Il s’agit d’un joli nombre rond qui est applicable comme une généralité, mais pour être réaliste, cela dépendra de nombreuses choses et bon nombre de ces choses varient d’année en année.

Avec combien de ruches commencer ?

La réponse standard donnée aux débutants est deux. Moi je dirais entre deux et quatre. Avec moins de deux ruches, vous n’avez pas les ressources nécessaires pour résoudre les problèmes généralement rencontrés en apicul-ture comme l’absence de reine, les soupçons d’absence de reine, les ouvrières pondeuses etc. Plus de quatre ruches et l’apiculteur débutant aura trop de travail à tous les entrete-nir.

La récolte de miel ?

Généralement, il est dit aux apiculteurs débutants de ne pas espérer faire une récolte de miel durant leur pre-mière année de pratique. Il s’agit là d’une tentative pour fixer des attentes réalistes. Néanmoins, il suffit d’un bon paquet, avec une bonne reine, dans une bonne année (quantités adéquates de précipitations au bon moment et bonnes conditions de vol) et cette attente pourrait être largement dépassée tout comme dans une situation oppo-sée, elle pourrait se réaliser. Mais en général, l’attente réaliste d’un apiculteur serait que les abeilles s’établissent, hivernent et produisent peut-être un peu de miel.

Emplacements des ruches?

"Where should I put my hive? The problem is that there is no simple answer to this question, nor a perfect location. But let's proceed in order of decreasing importance to eliminate the least important options. The following criteria should be taken into account:

Sécurité Il est essentiel d’installer vos ruches dans un endroit où vos abeilles ne constitueront pas une menace pour les animaux enchaînés ou en troupeau, en particulier s’il s’agit d’un endroit d’où ces animaux pourraient ne pas arriver à s’enfuir s’ils venaient à être attaqués par les abeilles. Evitez également de les placer dans un endroit où elles pourraient s’attaquer à des passants qui ignorent qu’ils circulent à proximité de ruches. Si vous prévoyez de les installer à proximité d’un chemin fréquenté, vous devez installer une clôture ou un dispositif empêchant tout contact entre les gens et vos abeilles. Aussi, pour leur sécurité, vos abeilles doivent être placées dans un endroit où elles ne seront pas en contact avec des bétails, des chevaux ou encore des ours.

Praticité d’accès. Il est essentiel que vous disposiez d’un accès pra-tique et rapide à vos ruches. Transporter des hausses pleines pouvant peser de 22 kg (pour des boîtes de pro-fondeur moyenne de huit cadres) à 41 kg (pour des hausses profondes), peu importe la distance parcourue, représente une grosse charge de travail. La même raison est valable pour le transport d’instruments apicoles et le nourrissement des ruches. Vous pouvez être amené à transporter plus de 23 kg de sirop par ruche, peu importe la distance à parcourir, ce n’est pas aisé. Aussi, vous appren-drez beaucoup plus à propos de vos abeilles avec des ruches installées dans votre arrière-cour qu’avec des ruches installées à plus de 32 km de l’endroit où vous êtes. De même, vous vous occuperez mieux de ruches installées à 1 ou 2 km de votre maison que de ruches installées à 100 km.

Bonne source de miellée. Si vous disposez de plusieurs possibilités, optez donc pour un emplacement avec de nombreuses sources de miellée : du mélilot, de la luzerne cultivée pour les graines, des tulipiers d’Amérique etc. peuvent faire une grande différence entre une récolte exceptionnelle de plus de 90 kg de miel par ruche et une très maigre récolte. Cependant, gardez à l’esprit que vos abeilles ne vont pas se contenter de butiner sur vos terres, elles peuvent aller butiner jusqu’à 32 km environ de l’endroit où sont installées leurs ruches.

Eviter les chemins fréquentés. Je pense qu’il est important que vos ruche ne pertur-bent pas le quotidien de qui que ce soit. Ne les placez pas à proximité d’un chemin fréquenté. En cas de disette et lorsque les abeilles sont de mauvaise humeur, elles peu-vent harceler et même piquer quelqu’un. Ne les placez pas non plus dans un endroit où leur présence est susceptible de ne pas être souhaitée.

En plein soleil. Je trouve que les ruches placées en plein soleil sont moins exposées aux maladies, aux nuisibles et produisent plus de miel. Toutes choses étant égales, j’opterais pour une exposition en plein soleil. Le seul avantage de placer vos ruches à l’ombre est votre confort, vous travaillerez à l’ombre, à moins que cela puisse aider à répondre à un autre critère plus important.

Si vous vivez dans une région au climat très chaud, avoir de l’ombre en milieu d’après-midi est bien pratique. Mais bon, vous n’avez pas à vous inquiéter de cela plus que de raison à moins que votre ruche ne soit une ruche à barrettes ; dans ce cas, il est préférable de la placer à l’ombre pour éviter l’effondrement des rayons.

Pas trop près du sol. Cela ne me pose aucun problème que mes abeilles soient installées dans un endroit intermédiaire, ni trop élevé, ni trop bas, dans un endroit où elles ne vont pas être exposées à la rosée, au brouillard et au froid. De plus, je préfère qu’elles ne soient pas installées dans un endroit où il me faudra les déplacer en cas de menace d’inondation.

A l’abri du vent. Il est bien plus commode d’installer vos abeilles où le vent froid en hiver ne leur soufflera pas trop durement dessus et ne fera pas sauter les couvercles des boîtes. Ce n’est pas mon premier impératif, mais ce serait plus pra-tique si un emplacement pourvu d’un brise-vent est dispo-nible. Cela exclut donc de les placer au sommet d’une montagne.

Proximité d’une source d’eau Les abeilles ont besoin d’eau. Une difficulté que ren-contrent les apiculteurs, est de leur en fournir. Une autre difficulté est de rendre cette eau plus attractive pour elles que le jacuzzi du voisin. Pour y parvenir, vous devez com-prendre les raisons pour lesquelles les abeilles sont plus attirées par une certaine eau que par une autre :

L’odeur. Les abeilles sont attirées par une source d’eau dégageant une odeur. Le chlore a une odeur, ainsi que les eaux usées.

La chaleur. L’eau chaude peut être transportée par les abeilles même lorsqu’il fait modérément froid, ce qui n’est pas possible avec de l’eau froide car les abeilles pren-nent froid, s’engourdissent et ne peuvent plus voler jusqu’à leur ruche.

La régularité. Les abeilles préfèrent les sources d’eau où elles peuvent s’approvisionner régulièrement.

L’accessibilité. Les abeilles doivent pouvoir s’approvisionner en eau sans tomber dans la source. Avec une cuve ou un seau dépourvu de flotteur, ça ne fonc-tionne pas très bien. Sur la berge d’un ruisseau, les abeilles peuvent atterrir puis marcher sur l’eau, ce qui n’est pas possible avec un seau ou un tonneau, à moins que vous n’y placiez des échelles, des flotteurs, ou même les deux. Moi, j’utilise un vieux seau rempli de vieilles brindilles. Les abeilles peuvent atterrir sur les brindilles avant de des-cendre sur l’eau.

Conclusion. En fin de compte, les abeilles savent très bien s’adapter. Soyez plutôt sûr que l’emplacement que vous choisirez vous convienne. S’il n’est pas trop ardu à approvi-sionner, essayez de répondre à d’autres critères. Il n’est pas certain que vous trouverez l’emplacement parfait, remplissant toutes les conditions précitées.

Planter pour les abeilles ?

Les apiculteurs semblent toujours vouloir savoir quoi planter pour leurs abeilles. Mais auparavant il faut que vous compreniez que vos abeilles ne se contenteront pas de butiner sur votre terrain. Elles se déplaceront dans un rayon d’environ 3 km sur une surface d’environ 32 km (8000 acres). Il est difficile à moins que vous ne soyez propriétaire d’un terrain d’environ 32 km, de planter suffi-samment pour constituer une récolte. Cependant, il n’est pas ardu de planter différentes plantes qui couvriront les besoins annuels des abeilles. Les périodes de besoins dans les ruches surviennent au plus tôt de février à avril et au plus tard de septembre à la première gelée meurtrière ; et durant la période sèche, généralement en milieu d’été dans ma région et il faut des plantes qui fleuriront lorsqu’il y a peu de pluie. Il est donc bon de privilégier les plantes qui combleront ces périodes de besoins. Il est plus pratique de combler les périodes de besoins avec une variété de plantes mellifères plutôt qu’en se concentrant sur une ou deux plantes. Il n’y a certes pas de mal à planter du mélilot (vous pouvez planter à la fois le mélilot blanc et le mélilot jaune étant donné qu’ils fleurissent à des moments différents), du trèfle blanc, du lotier, de la bourrache, de l’anis hysope, quelques tulipiers de Virginie et quelques robiniers faux-acacia, mais ces plantes ne comblent pas les besoins pré-coces ou tardifs, elles servent plutôt à la production de miel, et peuvent éventuellement répondre à un besoin. Les plantes précoces fournissant du pollen sont l’érable rouge, le saule discolore, l’orme, le crocus, le gainier rouge, le prunier rouge américain, le cerisier de Virginie ainsi que d’autres arbres fruitiers. Il est également toujours bon d’avoir des pissenlits aux alentours. Vous pouvez vous procurer des têtes de pissenlits séchées chez des per-sonnes qui en ont plein leurs pelouses. Il vous suffit sim-plement de les cueillir, les mettre dans un sac de course, les ramener chez vous et les répandre sur votre terrain. La chicorée et la verge d’or fleurissent souvent par temps sec et généralement de juillet jusqu’à la gelée meurtrière. Les asters sont de bonnes plantes à floraison tardive. Ce qu’il faut principalement garder en tête cependant, est que vous essayez simplement de combler certains besoins, vous n’essayez pas de créer une récolte.

Utiliser des grilles à reine ?

Les grilles à reine, depuis les premiers jours suivant leur création, ont été un sujet de controverse parmi les apiculteurs. Dans ma pratique de l’apiculture, j’ai très tôt cessé de les utiliser. Les abeilles ne veulent pas passer au travers et elles refusent de travailler les hausses situées de l’autre côté des grilles. Pour moi, elles ne semblent vrai-ment pas naturelles et semblent très contraignantes. Je pense qu’il est pratique d’en avoir sous la main pour des choses comme l’élevage de reines, ou alors une tentative désespérée de trouver une reine, mais de manière géné-rale, moi je ne les utilise pas.

Les raisons justifiant l’utilisation de grilles à reine :

La reine sera plus facile à trouver si je peux ré-duire la zone où chercher. Mais je trouve déjà que ladite zone est assez restreinte. Je retrouve la reine rarement ailleurs que dans la partie où il y a la plus grande concen-tration d’abeilles et cette partie se limite généralement à un petit nombre de cadres. Mais cette raison se justifie si vous avez souvent besoin de trouver la reine. Dans le cas d’un élevage de reines, vous pourrez avoir besoin de trouver la reine environ une fois par semaine et l’utilisation d’une grille à reine peut vous permettre de gagner du temps.

Prévenir l’élevage de couvain dans les hausses. Les seules raisons pour lesquelles j’ai vu une reine pondre dans les hausses sont le manque d’espace dans le nid à couvain, elle aurait donc essaimé si elle ne pouvait pas, ou si elle voulait de l’espace pour pondre des faux-bourdons et qu’il n’y a pas de rayons de mâles dans le nid à couvain. Puisque le rayon à couvain est difficile à démolir à cause des cocons et que les hausses contiennent généralement de la cire molle sans cocons et facile à retravailler. Les abeilles pourront y bâtir des rayons de mâles dans le cas où elles n’en ont pas assez dans le nid à couvain. Si vous ne voulez pas avoir de couvain dans les hausses, fournissez aux abeilles quelques rayons de mâles dans le nid à cou-vain et vous aurez fait de grands progrès. Aussi, si vous utilisez des boîtes qui sont toutes de la même taille, vous n’aurez aucun problème si la reine pond dans les hausses, à prélever les cadres pour les replacer dans le nid à cou-vain, et si vous n’utilisez pas de produit chimique, vous pouvez subtiliser un cadre de miel de là pour remplir votre hausse.

Si vous souhaitez utiliser des grilles à reine

Dans le cas où vous souhaiteriez utiliser une grille à reine, souvenez-vous que vous devez faire passer les abeilles au-travers de la grille. Le fait d’utiliser des boîtes ayant toute la même taille, une fois de plus, pourra aider à cet égard puisque vous pouvez placer quelques cadres de couvain ouvert au-dessus de la grille à reine (faites atten-tion à ne pas prélever le cadre portant la reine bien évi-demment) et faites passer les abeilles à travers la grille. Au moment où elles sont en train de travailler la hausse, vous pouvez replacer ces rayons dans le nid à couvain. Une autre option (en particulier si vous n’avez pas des boîtes de la même taille) est de laisser de côté la grille jusqu’au moment où les abeilles travaillent la première hausse, puis vous la mettez en place (une fois de plus assurez-vous que la reine soit en-dessous de la grille et que les faux-bourdons aient un moyen de sortir quelque part par le haut).

« Les apiculteurs débutants ne devraient pas essayer d’utiliser des grilles pour em-pêcher l’élevage de couvain dans les hausses. Toutefois, ils devraient probable-ment avoir une grille à reine sous la main pour l’utiliser en guise d’aide soit pour trou-ver la reine, soit pour restreindre son accès aux cadres que l’apiculteur peut souhaiter déplacer ailleurs » — The How-To-Do-It book of Beekeeping, Richard Taylor
Des abeilles orphelines ?

Commençons par conclure : placez un cadre de cou-vain ouvert et d’œufs dans la ruche et vous n’aurez pas besoin de vous inquiéter de cela.

La question revient tout le temps sur les forums d’apiculture : « Mes abeilles sont-elles orphelines ? » Les symptômes qui amènent cette question varient grande-ment tout comme varie grandement la période de l’année durant laquelle apparaissent ces symptômes, mais il s’agit d’une question très importante et quelquefois remarqua-blement plus complexe qu’elle ne le semble pour laquelle une réponse ou au moins une résolution est nécessaire.

La cause la plus probable de ce problème est un manque d’œufs et de couvain. De nombreux apiculteurs débutants ne parviendraient pas à retrouver une reine même si vous la marquez, la clippez et la placez expressé-ment sur un cadre pour qu’ils puissent la trouver ; et même un apiculteur expérimenté, dans une ruche densément peuplée, par une certaine journée, peut avoir des difficultés à en trouver une. Ne pas voir la reine ne prouve donc rien. Ne pas voir les œufs et le couvain est par contre un indice majeur, mais cela ne signifie pas forcément non plus qu’il n’y a pas de reine. Cela signifie qu’il n’y a pas de reine pondeuse et qu’il n’y en a pas eu depuis un moment, ou alors que vous n’arrivez pas à repérer les œufs. Cependant, il pourrait très bien aussi y avoir une reine vierge qui n’a pas encore commencé à pondre.

Faisons donc un peu de mathématique apicole. Si de manière accidentelle, vous tuez une reine aujourd’hui, combien de temps s’écoulera-t-il avant que vous ne puis-siez voir des œufs pondus par une reine de remplacement élevée par les abeilles ? Environ 26 jours. Quelle quantité de couvain ouvert et de couvain operculé restera-t-il au moment où vous verrez les œufs pondus par la nouvelle reine de sauveté ? La réponse est aucune. Si les abeilles ont un jour perdu une reine, et ont commencé à en élever une nouvelle à partir de larves âgées de quatre jours (quatre jours à partir de l’œuf), il s’écoulera douze autres jours avant son émergence, une autre semaine pour qu’elle mûrisse et s’oriente, et encore une autre semaine pour qu’elle s’accouple et ne commence à pondre. Ce qui fait approximativement 26 jours (à une semaine près). Durant 26 jours, chaque œuf a éclos, a été operculé et a émergé. Après cela, il n’y a plus de couvain dans la ruche, en re-vanche il y a une reine.

Le problème qui se pose est que si la nouvelle reine s’est envolée pour s’accoupler et n’est pas revenue à la ruche, et que la ruche est véritablement orpheline, la ruche est dans le même état qu’auparavant. Pas d’œufs, pas de couvain et pas même du couvain operculé. Alors quelle réponse allez-vous donner à la question ? Fournissez aux abeilles un cadre de couvain avec des œufs et voyez ce qu’elles en font. Si vous avez des cellules royales quelques jours après, alors la ruche est orpheline. Dans ce cas, vous pouvez soit leur fournir une reine, soit les laisser en élever une.

Lorsque vous trouvez peu d’œufs et peu de larves, et qu’ils sont très éparpillés, c’est qu’il y a un autre problème. Quelquefois, il est dû à la présence d’ouvrières pondeuses, mais les abeilles ont continué à ôter des œufs de faux-bourdons des cellules d’ouvrières, exception faite d’un petit nombre. Mais et s’il s’agit d’une nouvelle reine qui a juste commencé à pondre ? Généralement, elle pondra dans un endroit donné et les œufs ne seront pas disséminés un peu partout. Les abeilles ouvrières doivent déployer beaucoup plus d’effort pour gérer cela.

Un moyen permettant de savoir si oui ou non une ruche est orpheline, est de l’écouter. Si vous ne connaissez pas le son que peut produire une ruche orpheline, essayez d’attraper une reine, retirez la de sa ruche, attendez quelques minutes et écoutez. La ruche émettra un bour-donnement auquel est quelquefois donné le nom de « bourdonnement de la ruche orpheline ».

Un autre indice qu’il y a probablement une reine qui est sur le point de commencer à pondre est la présence d’une portion de cellules vides entourée de nectar dans la grappe, à l’endroit où les abeilles ont dégagé de l’espace pour que la reine puisse pondre.

Une ruche hargneuse est souvent le signe d’une ruche orpheline ou en état de léthargie. Vous devez toute-fois toujours vérifier la présence d’œufs et de larves.

La conclusion est que l’absence de reine est difficile à diagnostiquer de manière définitive. Une combinaison de bon nombre de ces symptômes (absence d’œufs et de couvain, bourdonnement de la ruche orpheline, léthargie ou colère) tend à me convaincre, mais seulement une fois ou deux, je fournis aux abeilles un cadre de couvain ouvert avec des œufs et j’observe ce qui arrive par la suite.

Bien évidemment, cela illustre pourquoi vous avez besoin de plus qu’une ruche.

Pour plus d’informations, voir la section Panacée du chapitre Commençons par conclure.

Remplacement de la reine

En ce qui concerne ce sujet, il y a de nombreuses questions. Une de ces questions est la suivante : « A quelle fréquence devrais-je remplacer la reine ? » Les opinions des apiculteurs sont nombreuses sur la fréquence de rempla-cement et varient de deux fois l’année à jamais. Moi j’ai tendance à laisser les abeilles remplacer elles-mêmes leur reine en gardant le contrôle sur l’essaimage et je procède à un remplacement dans le cas d’abeilles trop agressives ou faibles.

La seconde question est : « comment dois-je rempla-cer la reine ? » Cette question peut en entraîner bien d’autres comme « que dois-je faire dans le cas où je ne trouve pas l’ancienne reine ? » ou encore « comment puis-je savoir si les abeilles vont accepter la nouvelle reine ? »

Je n’ai pas eu la chance de relâcher une reine si elles en ont une. Pour ce qui est de la seule manière de faire cela, c’est possible si vous élevez vos propres reines et si vous introduisez une cellule royale ou une reine vierge avec beaucoup de fumée pour couvrir son introduction dans la ruche. De cette manière, la manipulation est plus suscep-tible d’être perçue comme une supercédure par les abeilles. Autrement, vous devrez ôter l’ancienne reine avant d’introduire dans la ruche la nouvelle reine pondeuse. Si vous n’arrivez absolument pas à retrouver l’ancienne reine et que vous pensez qu’il est impératif d’introduire tout de même une nouvelle reine, alors utilisez une cage d’introduction. Dans tous les cas, il s’agit de la méthode la plus fiable de toute façon.

Relâcher une reine à l’aide d’une cage d’introduction dotée d’une extrémité de candi est une méthode qui géné-ralement fonctionne bien si la ruche n’est victime d’aucune complication telle que des ouvrières pondeuses, une ruche hargneuse, une reine déjà rejetée, l’absence de reine durant une longue période, difficulté à retrouver l’ancienne reine, etc.). Pour introduire la reine à l’aide d’une cage d’introduction pourvue d’une extrémité de candi, déballez le bouchon de candi à l’extrémité de la cage (ou alors dans le cas des cages California, ajoutez le tube en plastique contenant le candi ou encore fourrez un mini marshmallow dans l’orifice), placez la cage dans la ruche et attendez que les abeilles se nourrissent du candi et libèrent la reine. Pour une meilleure acceptation, il est bien de relâcher les ser-vantes dans la cage à reine, mais si vous débutez en api-culture, vous pourriez trouver cela intimidant. Un manchon à reine (de chez Brushy Mt.) pourra être d’une grande utilité étant donné que vous pourrez procéder à toutes vos manipulations dans une situation où la reine ne peut pas s’envoler. Si vous attrapez la reine et que vous la placez la tête la première dans la cage, généralement elle y rentrera.

Placer une cellule royale dans n’importe quel endroit où la grappe d’abeilles est assez dense pour la garder au chaud, est une méthode qui fonctionne bien.

Cage d’introduction. Il s’agit de la méthode la plus fiable pour relâcher une reine pondeuse. L’idée générale est de fournir à la reine quelques servantes nouvellement émergées, qui l’accepteront étant donné qu’elles n’ont jamais eu d’autre reine auparavant, de la nourriture et un endroit où pondre. Une fois qu’il s’agit d’une reine pondeuse accompagnée de servantes, généralement la ruche va l’accepter sans protes-ter.

Fabriquer une cage d’introduction La plupart des gens fabriquent des cages d’introduction mesurant environ 10 cm (4 pouces). Moi je préfère les faire plus grandes. Plus elles sont grandes, plus il est aisé d’y mettre un peu de miel (pour que la reine ne meure pas de faim), quelques cellules ouvertes (pour que la reine ait un endroit où pondre) et un peu de couvain naissant (pour que la reine ait des servantes). J’aime que les miennes mesurent environ 12,5 cm par 25 cm (environ 5 par 10 pouces). Découpez un morceau de grillage #8 (8 fils par pouce ou encore un grillage diamètre fil 3 mm) environ 16 cm par 29 cm (6,5 par 11,5 pouces). Retirez les trois premiers fils sur tout le contour pour laisser saillir à la verticale environ 1 cm de fils. Il s’agit de pouvoir introduire la cage dans le rayon sans possibilité pour les abeilles de passer aisément par-dessous. Maintenant, en partant des coins, mesurez environ 2 cm (3 fils supplémentaires et faites une découpe sur tous les quatre coins. La direction dans laquelle vous faites la découpe importe peu, mais vous allez devoir replier les coins. Repliez les côtés de 2 cm. Une planche ou le bord d’une table peut vous aider pour cette tâche. Puis repliez les coins. Vous avez maintenant une boîte sans fond avec des dimensions de 12,5 par 25 cm et haute de 2 cm.

L’utilisation de la cage d’introductio Trouvez un rayon portant du couvain naissant. Ce rayon porte des abeilles désorientées, qui bataillent pour sortir des cellules dont elles viennent juste de mâchouiller les opercules afin de les ouvrir. Quand il y a des abeilles avec juste leur tête dépassant des cellules, on parle de couvain naissant. Une abeille avec seul son abdomen émergeant d’une cellule, est une nourrice en train de nourrir les larves ou alors une abeille d’intérieur en train de nettoyer une cellule. Secouez (si le rayon est assez solide) ou alors brossez toutes les abeilles hors du rayon. Relâchez la reine sur le côté du rayon où il y a du couvain naissant et un peu de miel non operculé. Placez la cage au-dessus de la reine en veillant à ce que le couvain naissant et le miel se trouvent également sous la cage. Il serait bien qu’il y ait aussi sous la cage des cellules ouvertes. Introduisez la cage dans le rayon. Elle devrait saillir d’environ 1 cm au-dessus du rayon pour permettre les déplacements de la reine. Aménagez de l’espace dans la ruche pour ce cadre portant la reine, sans oublier de prévoir le centimètre occu-pé par la cage. Dans certaines ruches, il sera possible d’avoir de l’espace sans devoir ôter un cadre tandis que dans d’autres ruches, non. Ce qu’il faut garder à l’esprit, c’est que vous devrez avoir le cadre portant la cage en plus de l’espace d’un centimètre occupé par la cage et l’espace avant le cadre suivant ( 2 cm au total) afin que les abeilles puissent avoir accès à la cage pour aller à la rencontre de la nouvelle reine et la nourrir elle et ses servantes si elles le souhaitent. Laissez tout en l’état, revenez quatre jours plus tard et ôtez la cage pour relâcher la reine.

Comment puis-je garder les reines pendant quelques jours ?

Si vous devez garder les reines qui viennent dans les cages avec des préposés et des bonbons, vous pouvez minimiser le stress en les maintenant au frais (comme 70 o F ou 21 o C) sombre (comme un placard) calme (comme un placard ou le sous-sol) et donnez-leur une goutte d'eau chaque jour pour qu'ils puissent digérer les bonbons et qu'ils se conservent généralement quelques semaines s'ils ne sont pas trop stressés pour commencer et les assistants sont en bonne santé. Donnez-leur une goutte dès que vous les recevez et un jour après. Si le bonbon semble manquer, vous devrez peut-être lui donner une goutte de miel et une goutte d'eau chaque jour. Si tous les assistants sont morts, ils auront besoin de nouveaux assistants.

Cire gaufrée ?

Quel genre de cire gaufrée et de cadres devez –vous acheter? Evidemment, s’il y avait une réponse « exacte », elle ne désignerait qu’un certain genre de cire gaufrée et un certain genre de cadres. La raison pour laquelle cette raison exacte n’existe pas est la divergence au niveau des préférences des apiculteurs, de leurs philosophies et de leurs expériences.

Parlons donc un peu de terminologie. Pour ce qui est de la cire gaufrée, les seules épaisseurs que j’ai vues disponibles sont : « Medium Brood », « Surplus » et « Thin Surplus ». « Medium Brood » ne signifie pas que les feuilles de cire gaufrée de cette épaisseur, ne se monte que sur des cadres de profondeur moyenne, cela signifie que les feuilles sont d’épaisseur moyenne. La cire gaufrée « Sur-plus » est fine et la « Thin Surplus » est encore plus fine. La cire gaufrée d’épaisseur « Surplus » est destiné à la production de miel en rayon.

Cire gaufrée à couvain

Généralement, les abeilles préfèrent bâtir des cadres vides, sans amorce de cire et sans cire gaufrée. Ces cadres sont mieux acceptés, plus naturels et ont de nombreux avantages à savoir : le contrôle de varroas grâce aux petites cellules, la possibilité de découper les cellules royales d’un rayon sans avoir à vous inquiéter de la pré-sence de fil métallique ou de la présence de plastique au centre du rayon.

En seconde position, viennent les feuilles de cire. Les abeilles ont la possibilité de les retravailler comme elles le souhaitent. Plus ces feuilles se rapprocheront de ce que les abeilles veulent, mieux elles les accepteront. Je dirais que les feuilles de cire pour avoir des abeilles mesurant 5,1 mm, sont mieux acceptées, puisqu’il semble que ce soit ce que les abeilles veulent bâtir. Vous pouvez en trouver chez Dadant. Les feuilles de cire avec des cellules mesurant 4,9 mm viennent en seconde position et en dernière position, nous avons celles à cellules de 5,4 mm. Cependant, j’ai une préférence pour la cire gaufrée à cellules de 4,9 mm car elle permet le contrôle de varroas. Un aspect à prendre en compte au moment du choix de la cire gaufrée est le maté-riau à partir duquel elle est fabriquée (cire ou plastique), un second aspect est la taille des cellules.

Un autre problème en ce qui concerne la cire gaufrée est la solidité. Les feuilles de cire Duracomb et Duragilt ont un noyau en plastique lisse. Cela convient bien jusqu’au moment où les abeilles se mettent à retirer des bandes de cire pour les réutiliser ailleurs ou lorsque les fausses teignes commencent à abîmer le plastique. Dans ce cas, les abeilles ne peuvent pas rebâtir sur le plastique.

Les fils métalliques sont souvent utilisés dans les feuilles de cire gaufrée. Certaines feuilles de cire gaufrées sont livrées déjà garnies de fils métalliques verticaux et certains apiculteurs les utilisent telles quelles. D’autres sont livrées non filées. Dans ce cas, certains apiculteurs les filent horizontalement. Le fil métallique ralentit le processus d’affaissement de la cire gaufrée.

Le matériau que les abeilles semblent aimer le moins et que les apiculteurs semblent aimer le plus est le plas-tique. Les fausses teignes ne peuvent pas détruire la cire gaufrée (quoiqu’elles peuvent détruire le rayon). Les abeilles ne peuvent pas aisément retravailler la taille des cellules, taille qui varie de 4,95 à 5,4 mm. On en trouve sous forme de feuilles de cire gaufrée en plastique ou sous forme de cadres en plastique où la feuille de cire gaufrée est moulée dans le cadre, les deux ne formant qu’une seule pièce.

On trouve également des rayons en plastique entiè-rement préétirés. Dans ce modèle, la marque PermaComb propose des cadres de profondeur moyenne (avec une taille de cellules équivalente à 5,0 mm) et la marque Honey Super Cell propose des cadres profonds (avec des cellules mesurant 4,9 mm). L’expression « entièrement préétiré » signifie que les abeilles ne bâtissent pas le rayon. Le rayon est fourni entièrement étiré, les abeilles n’ont plus qu’à l’utiliser et à l’operculer.

De la cire gaufrée dans les hausses

Les rayons entièrement bâtis offre un avantage cer-tain lorsqu’ils sont utilisés dans les hausses (une fois que les abeilles les acceptent et commencent à les utiliser) et puisque les abeilles n’ont plus besoin de bâtir les rayons, elles s’occuperont simplement d’emmagasiner le nectar. Les fausses teignes n’y ont pas accès, tout comme les petits coléoptères des ruches.

Les divers types de cadres et de feuilles de cire gau-frée en plastique destinés à être utilisés dans les hausses, sont les mêmes que ceux utilisés pour le couvain. Ils sont subsidiairement utilisés avec des Honey Super Cell portant des cellules de 6,0 mm et un faux œuf au fond de la cellule par certains apiculteurs pour la production de faux-bourdons (ils sont plus faciles à extraire). Le faux œuf est censé être là pour berner la reine, l’empêchant ainsi de pondre dans la cellule. La taille de 6,0 mm dissuade aussi la reine de pondre puisqu’il ne s’agit ni de la taille d’un faux-bourdon (6,6 mm), ni de la taille d’une ouvrière (4,4 à 5,4 mm).

Pour les rayons de miel, il y a les feuilles de cire d’épaisseur « Surplus » et « Thin Surplus ». Ainsi donc, le miel en rayon sera plus simple à mâcher, et n’aura pas un noyau épais en son centre. Ces feuilles de cire sont dispo-nibles dans la plupart des manufactures. Walter T. Kelley en propose en 7/11 ce qui, une fois de plus est une taille de cellule dans laquelle la reine ne va pas pondre. Vous pou-vez donc vous passer de grille à reine et vous n’avez plus à retirer du couvain dans les hausses.

Types de cadres ?

Il y a diverses sortes de cadres et de nombreuses sortes de feuilles de cire gaufrée sont prévues pour être utilisées dans l’un ou l’autre de ces cadres. Dans tous les cas, vous pouvez généralement les adapter, mais il est bien de prendre cette diversité en compte au moment de com-mander vos cadres ou vos feuilles de cire.

Pour ce qui est des barrettes supérieures, parmi les formes disponibles, il y a les barrettes dotées d’une rainure centrale, les barrettes à jambage et les barrettes fendues (ce modèle est disponible chez Walter T. Kelley). Les bar-rettes supérieures rainurées sont généralement utilisées avec de la cire gaufrée en plastique ou avec un tube coule cire. Je les préfère aux barrettes supérieures à jambage. Je peux y fixer plus solidement la cire gaufrée avec un tube coule cire (elle ne tombe pas). Les barrettes supérieures à jambage sont pourvues d’une barrette de jambage amo-vible. Cette barrette de jambage peut être retirée et clouée en travers de la ruche afin de servir de support au rayon. Les barrettes supérieures fendues quant à elles sont géné-ralement utilisées pour la production de miel en rayon. La feuille de cire gaufrée est simplement glissée en les fentes de la barrette. Dans la partie inférieure du cadre, la feuille de cire est soutenue par une barrette non fendue. Pour finir, le cadre est placé dans la ruche sans clouage.

Quant aux barrettes inférieures, parmi les formes disponibles, il y a les barrettes non fendues, les barrettes fendues et les barrettes rainurées. Je préfère les barrettes inférieures non fendues étant donné que les fausses teignes ne peuvent pas s’y installer. En revanche, votre cire gaufrée peut ne pas être adaptée à ce genre de barrette inférieure (cela dépend du genre de cire gaufrée que vous achetez). Les barrettes inférieures fendues ne sont pas très solides et semblent toujours se briser dès la première fois où je tente de les nettoyer et d’y placer de la cire gaufrée. Les barrettes inférieures rainurées sont généralement utilisées avec de la cire gaufrée en plastique de manière à ce que la cire gaufrée s’emboîtent dans le cadre. L’autre problème auquel vous devrez faire face est la taille exacte de la cire gaufrée que vous utiliserez. Certains apiculteurs découpent les feuilles de cire gaufrée pour les adapter à leurs cadres, d’autres les découpent pour les adapter aux rainures des barrettes. Walter T. Kelley semble être le seul fournisseur qui propose dans son catalogue des éléments qui s’agencent parfaitement.

Parlons donc des cadres monoblocs en plastique. Ils viennent à bout de tous les problèmes liés aux cadres excepté l’acceptation et la découpe des cellules royales. Pas de cadres à bâtir. Il n’y a aucun problème pour ce qui est de la taille de la feuille de cire gaufrée puisqu’elle est déjà intégrée au cadre. Si vous achetez des cadres Mann Lake PF-120 (profondeur moyenne) ou des PF-100 (profondes), ils auront des cellules mesurant 4,95 mm, vous pourrez ainsi tirer avantage des petites cellules. Ces cadres sont bon marché (en lots, ils coûtaient à peine plus de 1$ pièce la dernière fois que j’ai vérifié). Il n’y a pas de filage à faire et ils sont bien acceptés par les abeilles.

Pourquoi un couvre-cadres ?

Le couvre-cadres a été inventé pour créer un espace d’air dans le but de réduire la condensation sur le toit de la ruche. Les couvre-cadres d’origine étaient faits de toile mais avec le temps, la toile a été remplacée par du bois. Dans le nord, un des problèmes survenant en hiver est la condensation, dont la plus grande partie se forme sur le toit de la ruche. L’air chaud et humide émanant de la grappe monte jusqu’au toit qui est froid, se condense puis coule de nouveau sur la grappe. Le couvre-cadres a été conçu pour prévenir cela. Au fil des années, de nombreux autres usages leur ont été trouvés. Vous pouvez placer un bocal inversé par-dessus le trou du couvre-cadres pour le nour-rissement. Vous pouvez aussi placer des hausses humides (tout juste récoltées et extraites) par-dessus les couvre-cadres pour les faire nettoyer par les abeilles. Vous pouvez placer un chasse-abeilles de type Porter dans le trou du couvre-cadres pour faire sortir les abeilles d’une hausse (moi je n’ai jamais eu beaucoup de chance avec cette méthode). Vous pouvez mettre un double écran sur le trou et utiliser le couvre-cadres entre une ruchette placée au-dessus et une ruche placée par-dessous au printemps ou durant l’automne pour tenir la ruchette au chaud. Cela n’a pas bien fonctionné pour moi en hiver à cause de la con-densation.

Puis-je me passer de couvre-cadres ?

Si vous utilisez des toits plats, vous n’en aurez pas besoin et vous ne voudrez probablement pas en avoir un. Si vous utilisez un toit plat emboîtant, cela empêchera que le toit de la ruche soit collé avec de la propolis. Il est difficile d’ôter un toit plat emboîtant qui est propolisé à une boîte sans couvre-cadres entre les deux puisqu’il n’y a aucune prise pour insérer un lève-cadre. Avec un toit plat emboî-tant, je vous recommande d’utiliser un couvre-cadres. Si vous vivez dans le nord et que vous souhaitez utiliser un toit plat, assurez-vous qu’il ait une entrée supérieure (vous pouvez faire une encoche dans le toit pour en faire une s’il n’y en a pas. Servez-vous des toits plats de chez Brushy Mt. comme modèles), placez du polystyrène par-dessus le toit et placez une brique par-dessus le polystyrène. Le polystyrène protègera le toit du froid et l’encoche dans le toit permettra l’évacuation de l’air humide.

Quelle est cette odeur ?

Il est toujours mieux d’enquêter sur les odeurs. Elles sont très subjectives et par conséquent, il est beaucoup plus préférable pour vous de voir par vous-même comment associer une odeur donnée à une situation donnée. L’odeur dont les gens s’inquiètent le plus couramment est l’odeur de maturation du miel de verge d’or qui se produit quel-quefois entre l’été et l’automne. Pour moi, cette odeur est semblable à celle de vieilles chaussettes de gym. Certaines personnes disent que l’odeur est semblable à celle du caramel. Pour la plupart des gens, il s’agit d’une odeur aigre.

Si vous sentez une odeur de viande avariée, il est bien de mener votre enquête. Quelquefois, l’odeur émane d’un tas d’abeilles mortes à cause de pesticides ou des suites de pillages. Quelquefois, il peut s’agir d’une maladie du couvain. Il vaut mieux enquêter pour en déterminer la cause.

Quel est le meilleur livre d’apiculture ?

Ils le sont tous. Lisez chaque livre d’apiculture sur le-quel vous pouvez mettre la main. Cependant, mes favoris sont le vieil « ABC XYZ of Bee Culture », La ruche et l’abeille de Langstroth, tous les ouvrages par Richard Taylor et Frère Adam ainsi que les livres que j’ai postés sur ma page de livres classiques d’apiculture http://www.bushfarms.com/beesoldbooks.htm. De plus, si vous avez déjà lu tous les livres d’apiculture et que vous souhaitez encore en savoir plus, tous les ouvrages d’Eva Crane sont fascinants.

Pour un débutant en apiculture naturelle, The Com-plete Idiots Guide to Beekeeping est un ouvrage formidable. Pour les débuts en général en apiculture, Backyard Beekeeping par Kim Flottum est simple et très bon.

Quelle est la meilleure race d’abeilles ?

Pendant plusieurs siècles, il y a eu de nombreuses spéculations à ce sujet. Je suppose qu’au tournant du 19ème au 20ème siècle, il y a probablement eu la plus grande convention. Les Italiennes étaient pratiquement ce que tout le monde voulait. Maintenant, il y a tout autant de per-sonnes qui optent pour des Carnioliennes, des cauca-siennes, des Buckfast ou des Russes. Je vois autant de variation de ruche en ruche que de race en race. Je dirais que les meilleures races d’abeilles sont celles capables de survivre dans votre région. C’est ce que j’élève.

Mais dans le cas où vous souhaitez acheter des reines, vous devez vous préoccuper de la manière dont elles se porteront sous votre climat (par exemple, les Ita-liennes sont probablement mieux adaptées au sud et les Carnioliennes sont mieux adaptées au nord), et de leur santé (habitudes hygiéniques, résistance aux acariens de la trachée, résistance au Varroa, etc.).

Pourquoi y a-t-il toutes ces abeilles dans les airs ?

D’autres publications paniquées qui reviennent plu-sieurs fois dans l’année sur les forums d’apiculture sont à propos de grands nombres d’abeilles volant dans les airs. Cet événement est généralement interprété par le nouvel apiculteur comme soit un essaimage, soit un pillage. Dans le cas d’un essaim, il y a effectivement de nombreuses abeilles dans les airs, mais ces abeilles se déplacent. Dans cette situation, les abeilles se contentent simplement de planer autour de la ruche. Si les abeilles semblent con-tentes, organisées, tranquilles et ne se battent pas sur la planchette d’atterrissage, en particulier si la situation est éphémère et se produit par une journée ensoleillée, alors ce sont probablement de jeunes abeilles s’orientant pour la première fois. Recherchez les signes de lutte ou de combat sur la planchette d’atterrissage pour écarter l’hypothèse du pillage. S’il n’y a aucun signe de pillage, alors c’est la preuve que la ruche est saine. Si en volant, des abeilles semblent être laissées à la traîne, alors il s’agit probable-ment d’un essaim se rassemblant dans un de vos arbres.

Pourquoi y a-t-il des abeilles à l’extérieur de ma ruche ?

Dans cette situation, les apiculteurs disent que les abeilles « font la barbe » parce qu’il semble généralement que la ruche porte une sorte de barbe. Les causes sont la chaleur, le surpeuplement et le manque de ventilation. Assurez-vous que les abeilles aient de l’espace et assez de ventilation, et n’ayez aucune inquiétude pour ce qui est de la barbe.

Des abeilles faisant la barbe, c’est comme des per-sonnes qui transpirent, c’est ce qu’elles font lorsqu’elles ont chaud.

Il est bon de cerner tous les aspects de la question et d’accepter la situation. Si vous étiez en train de suer, vous auriez pris toutes les mesures à votre portée telles que mettre en marche le ventilateur, ouvrir la fenêtre, enlever votre tricot, boire beaucoup d’eau, puis vous auriez fini par simplement accepter le fait qu’il fasse chaud.

Avec les abeilles, assurez-vous d’avoir une ventila-tion supérieure et une ventilation inférieure, (ouvrez l’entrée inférieure, retirez le plateau si vous avez un plateau grillagé, entrouvrez la boîte supérieure, placez une hausse pour créer un vide), assurez-vous que les abeilles aient assez d’espace (placez des hausses au besoin) et ne vous inquiétez plus. La barbe n’est pas un signe d’essaimage des abeilles, c’est la preuve qu’elles ont chaud. Je pense que le manque de ventilation contribue à la création d’un « essaim de surpeuplement » mais ce n’est pas la seule cause et cela n’a rien à voir avec le fait que vous vous assuriez que vos abeilles aient de la ventilation et assez d’espace.

Pourquoi les abeilles dansent-elles à l’unisson à l’entrée de la ruche ?

Au cours d’une année, à certains moments, quelques apiculteurs débutants souhaitent connaître la raison pour laquelle les abeilles dansent en ligne (en oscil-lant de manière rythmée) sur la planchette d’atterrissage. Le terme utilisé pour nommer cette danse est anglo-américain : le « washboarding » et personne ne sait pour-quoi elles le font en réalité, mais elles, elles le savent. Personnellement, je pense qu’il s’agit d’une danse sociale, peut-être même une danse pour l’action de grâce.

Pourquoi ne pas utiliser un ventilateur électrique pour ventiler ?

Le sujet est beaucoup abordé, je n’ai vraiment jamais compris pourquoi, mais je suppose que cela découle d’une volonté de vouloir « aider ». Les abeilles ont un système de ventilation très précis et très efficace, toute intervention de votre part sera plus une ingérence qu’une aide. Le pro-blème d’une ventilation électrique est que les abeilles se retrouveront à se battre contre le ventilateur. Je pense que le mieux à faire est de leur fournir une ventilation supé-rieure, une ventilation inférieure et de laisser les abeilles contrôler le tout.

Pourquoi mes abeilles sont-elles mortes ?

Avec des morts durant l’hiver, il serait bien qu’un examen post mortem soit fait pour vérifier les points sui-vants :

  • Les abeilles n’avaient-elles pas accès aux réserves ? Il ne sert à rien qu’elles aient du miel si elles ne peuvent pas y accéder parce qu’elles sont bloquées. Si elles n’ont pas accès aux réserves, elles meurent de faim.
  • Dans le cas où leur accès aux réserves n’est pas blo-qué, y a-t-il des milliers de varroas morts sur le plancher ou le plateau placé sous le plancher grillagé (bien évidemment il y en aurait un en place) ? Dans ce cas, je pense qu’on ne risque guère de se tromper si on désigne le Varroa comme la cause principale des morts.
  • Y a-t-il une série de petites grappes d’abeilles dans la ruche au lieu d’une seule grande grappe ? Si oui, les aca-riens responsables de l’acariose sont à suspecter.
  • Les abeilles sont-elles humides et moisies ? Si oui, il y a fort à suspecter que la condensation les ait mouillées et les abeilles mouillées survivent rarement.
  • Il est de croyance commune que si des abeilles meu-rent la tête la première dans les cellules, cela signifie qu’elles sont mortes de famine. Dans toutes les ruches mortes durant un hiver, vous trouverez de nombreuses abeilles avec leur tête la première dans les cellules. C’est de cette manière qu’elles se regroupent étroitement pour se réchauffer. Moi je chercherais plus à savoir si oui ou non elles avaient accès à leurs réserves.
  • Avec des morts durant la saison active, il est avisé de rechercher des amoncellements d’abeilles mortes et des signes de pillage. Le pillage peut conduire à des entasse-ments d’abeilles mortes, mais il y a d’autres symptômes tels que des rayons en lambeaux et des abeilles frénétiques. Les pesticides généralement causent des abeilles ram-pantes et agonisantes et des piles d’abeilles mortes. Dans une ruche qui décline, il faudrait probablement examiner le couvain pour s’assurer qu’il n’y ait pas de maladie du couvain.
Pourquoi les abeilles sécrètent-elles des cires de différentes couleurs ?

Les abeilles ne produisent qu’un seul coloris de cire—de la cire blanche.

En contact avec beaucoup de pollen, la cire vire au jaune. Si les abeilles élèvent du couvain dans cette cire, il virera au marron à cause de la couleur des cocons. S’il y a de nombreux cocons, la cire vire au noir.

Pour ce qui est des opercules, les abeilles en produi-sent deux sortes. Pour le miel, les opercules sont faits de cire étanche afin de prévenir l’absorption de l’humidité par le miel, alors la cire utilisée commence par être blanche, puis au contact du pollen, peut virer au jaune. Pour le couvain, il s’agit d’un mélange de cire et de cocons permet-tant la respiration afin que les pupes puissent avoir de l’oxygène. En fonction de l’âge, de la noirceur et de la quantité disponible de cocons, la couleur des opercules varie du jaune pâle au marron foncé.

A quelle fréquence devrais-je inspecter ?

Si vous débutez en apiculture, vous devriez inspecter fréquemment. Non pas parce que les abeilles ont besoin que vous le fassiez, mais parce que vous ne pouvez rien apprendre si vous n’observez pas. Concernant les abeilles, vous n’avez besoin d’inspecter qu’assez souvent pour ne pas les laisser manquer d’espace. La fréquence d’inspection ? Eh bien essayez de ne pas les déranger tous les jours. Si vous avez une ruche d’observation, vous pourrez en apprendre beaucoup par ce moyen. Avoir une fenêtre sur la ruche ou alors un couvre-cadres en plexiglas vous permettrait d’observer plus. Mais avec une ruche classique, il serait mieux de prévoir une ouverture de ruche par semaine jusqu’à ce que vous soyez capable de deviner ce qui se passe à l’intérieur en évaluant l’extérieur. Even-tuellement, si vous réfléchissez à ce que vous vous atten-dez à voir à l’ouverture de la ruche et que vous ouvrez la ruche pour vérifier si vous avez raison, vous deviendrez bon à l’évaluation d’une ruche sans son ouverture.

Devrais-je percer un trou ?

Généralement, l’idée est soit d’aménager une entrée supérieure, soit de pratiquer une ouverture pour la ventila-tion. Je n’aime pas percer mon matériel. Voici quelques fois où j’ai regretté d’avoir percé des trous :

  • Les fois où j’ai voulu fermer une ruche et ai oublié de boucher le trou (le déplacement d’une ruche et l’utilisation d’un chasse-abeilles viennent à l’esprit)
  • Les fois où j’ai accidentellement posé ma main par-dessus, par-dessous ou dans le trou en soulevant une hausse.
  • Les fois en hiver où j’ai voulu fermer encore plus la ruche
  • Les fois où une ruche a décliné et oublié de faire garder toutes les entrées à la fois, où il y a eu pillage et j’ai été obligé de trouver un moyen de fermer la ruche.
  • Les fois où j’ai eu besoin d’une boîte non percée et que la seule boîte qui convenait pour l’utilisation que je voulais en faire, avait un trou.
Brosser ou secouer ?

Il existe deux principales méthodes pour enlever les abeilles des rayons : le brossage ou le secouement. Prati-quez quelques techniques différentes pour déterminer ce qui fonctionne le mieux pour vous. Cela dépendra de nom-breuses choses. Un nouveau rayon encore mou (étiré sur de la cire gaufrée ou non, filé ou non) sur lequel pèse du miel, se brisera si vous le secouez trop fort. Lorsqu’il fait chaud, les rayons sont encore plus mous. Les rayons bâtis sur des cadres sans cire gaufrée et qui ne sont pas fixés sur tout le contour du cadre, seront encore plus fragiles. Ces rayons-là devraient être brossés. Un vieux rayon à couvain noir ne se brisera pas peu importe la force avec laquelle vous la cognez. Un vieux rayon n’est pas tellement mou, vous pouvez bien le secouer sans le briser, mais il y a une limite et vous devez apprendre à connaître cette limite en fonction de toutes ses variables (nouveau, mou, vieux plein de cocons, alourdi à cause du miel, léger avec du couvain, etc.). Aussi, ne secouez pas un cadre portant des cellules royales ou alors vous endommagerez la reine. Utilisez une brosse. Un double secouement (une secousse immédiatement suivie d’une seconde aussi vite que vous le pouvez) fonctionne si vous le faites de la bonne manière. Pratiquez le secouement jusqu’à ce que vous appreniez la bonne manière de le faire. Vous pouvez « marteler » les abeilles comme C.C. Miller l’a appelé. Saisissez fermement l’extrémité de la barrette supérieure et cognez votre autre poing sur le poing tenant la barrette, le choc fera tomber les abeilles.

Il s’agit d’une de ces choses qui relèvent plus de l’art que de la science, cependant il y a des principes, et le premier est la surprise. Le second est la brutalité et non la douceur. Cela semble contradictoire car normalement en apiculture, vous essayez d’être posé, gracieux et de ne pas faire les choses avec brusquerie. Et pour chasser les abeilles des rayons, vous devez être brusque et dur. Il n’y a pas de manière douce et gracieuse de le faire.

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Michael Bush

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